Consulter gratuitement les prix réels de l’immobilier dans votre secteur devient enfin simple grâce à app.dvf.etalab.gouv.fr. Cette plateforme publique vous donne accès aux valeurs foncières enregistrées par les notaires lors de chaque vente, sans intermédiaire ni abonnement. Vous pouvez ainsi vérifier le prix d’une transaction récente dans votre rue, comparer plusieurs quartiers ou valider la cohérence d’un prix proposé avant un achat. Ce guide vous montre comment tirer profit de cet outil pour analyser le marché immobilier local avec précision et discernement.
Explorer app.dvf.etalab.gouv.fr et les données de valeurs foncières

L’application app.dvf.etalab.gouv.fr met à disposition une carte interactive qui affiche les transactions immobilières réalisées en France sur les cinq dernières années. En quelques secondes, vous visualisez les ventes autour d’une adresse précise ou d’un quartier entier. Chaque point représente une mutation enregistrée, avec le prix, la surface et la nature du bien. Ce service public gratuit transforme des données brutes en informations exploitables pour tous, sans compétence technique particulière.
Comment fonctionne app.dvf.etalab.gouv.fr et quelles données immobilières y trouver
L’outil repose sur les données DVF (Demandes de Valeurs Foncières) collectées par la Direction générale des finances publiques lors de chaque enregistrement de vente. Etalab, le service de la mission open data de l’État, traite et diffuse ces informations en respectant la vie privée des personnes. Pour chaque transaction, vous trouvez la date précise, le montant total, le type de bien (maison, appartement, terrain, local commercial), la surface habitable ou le nombre de pièces, et une localisation approximative sur la carte.
Les données couvrent toutes les mutations à titre onéreux enregistrées par les notaires, soit environ 1,5 million de transactions par an en France. Les ventes en l’état futur d’achèvement (VEFA) apparaissent au moment de la signature définitive, avec un léger décalage temporel. Certains cas particuliers comme les donations, successions ou ventes entre membres d’une même famille n’apparaissent pas dans la base publique.
Différences entre DVF, notaires, portails d’annonces et outils d’estimation
Les données DVF présentent un avantage décisif : elles reflètent des prix réellement payés et signés devant notaire. Les portails d’annonces comme SeLoger ou Leboncoin affichent des prix demandés, souvent négociés à la baisse de 5 à 10 % selon les secteurs. Les bases notariales complètes, exploitées par exemple par les chambres de notaires, contiennent davantage de détails techniques mais restent réservées aux professionnels via des abonnements payants.
Les outils d’estimation en ligne (MeilleursAgents, BienIci, Efficity) s’appuient en partie sur DVF mais appliquent leurs propres algorithmes pour produire une estimation. Leur fiabilité varie fortement selon la densité de transactions disponibles dans le secteur. Une estimation produite dans une grande ville avec des milliers de ventes sera plus précise que dans une commune rurale comptant dix transactions sur cinq ans.
Que signifie exactement « valeurs foncières » et ce que cela couvre vraiment
La valeur foncière désigne le prix officiel déclaré lors de la mutation d’un bien immobilier, servant de base au calcul des droits d’enregistrement et de la taxe de publicité foncière. Ce montant inclut le terrain et les constructions, mais exclut les frais de notaire (environ 7 à 8 % pour l’ancien, 2 à 3 % pour le neuf) et les frais d’agence parfois payés par l’acquéreur. Il s’agit du prix net vendeur, celui que le vendeur perçoit effectivement.
Les données DVF couvrent principalement les ventes d’appartements, maisons, terrains à bâtir et locaux commerciaux. Les biens vendus avec des dépendances (cave, parking, jardin) voient ces éléments intégrés dans le prix global, ce qui peut compliquer l’analyse du prix au mètre carré habitable. Dans certains cas, une transaction regroupe plusieurs lots : par exemple, un immeuble entier vendu en une fois apparaîtra comme une seule ligne avec un prix total élevé.
Utiliser la carte DVF pour rechercher des ventes près d’une adresse
La recherche sur app.dvf.etalab.gouv.fr commence par une simple saisie dans la barre de recherche visible en haut à gauche de l’interface. Vous pouvez taper une adresse complète (12 rue de la République, Paris 11), un nom de ville (Bordeaux, Lyon 6ème) ou un code postal (75011). La carte se positionne automatiquement sur le secteur demandé et affiche les mutations récentes sous forme de points colorés.
Comment rechercher une transaction immobilière par adresse ou nom de commune
Une fois la zone affichée, utilisez la molette de la souris ou les boutons + / – pour zoomer. Plus vous zoomez, plus le nombre de points visibles augmente et plus la précision géographique s’améliore. Si vous cherchez les ventes dans un quartier précis, zoomez jusqu’à voir apparaître les rues individuelles. Chaque point cliquable correspond à une ou plusieurs mutations enregistrées à cet emplacement approximatif.
Pour affiner la recherche temporelle, utilisez le filtre de période disponible dans le menu latéral. Vous pouvez par exemple limiter l’affichage aux transactions des douze derniers mois pour capter les dynamiques récentes du marché. Ce filtrage devient particulièrement utile dans les secteurs qui connaissent une forte inflation ou une correction des prix en 2025.
Lire une fiche de vente : prix, surface, nature du bien et particularités
Un clic sur un point de la carte ouvre une fenêtre contextuelle qui détaille la transaction. Vous y trouvez systématiquement le prix total (par exemple 385 000 €), la date exacte de vente (mars 2024), la nature du bien (appartement, maison, terrain) et la surface habitable si elle est renseignée. Certaines fiches mentionnent également le nombre de pièces principales, le nombre de lots concernés ou la présence de dépendances.
Prenons un exemple concret : un appartement vendu 420 000 € à Nantes en février 2025, avec une surface de 68 m² et trois pièces. La fiche indique également qu’il s’agit d’un bien unique (pas de vente groupée) et qu’aucune dépendance n’est mentionnée. Vous pouvez alors calculer un prix au m² de 6 176 € environ, à comparer avec d’autres ventes similaires dans le même quartier.
Pourquoi les points ne correspondent pas toujours exactement aux logements vendus
Pour protéger la confidentialité des propriétaires, la géolocalisation des biens est volontairement imprécise. Les points sont positionnés au centre d’une section cadastrale ou d’un îlot, ce qui peut créer un décalage de quelques dizaines de mètres par rapport à l’adresse réelle. Ce floutage géographique empêche d’identifier précisément qui a vendu quel bien, tout en conservant une information pertinente pour analyser les prix d’un secteur.
Dans certains cas, plusieurs ventes proches se superposent sur un seul point. En cliquant dessus, vous verrez alors une liste de transactions à consulter une par une. Cette agrégation visuelle simplifie la lecture de la carte dans les quartiers très actifs, mais impose de prendre le temps de parcourir chaque fiche pour repérer celle qui correspond le mieux à votre projet.
Analyser les prix immobiliers avec DVF : méthodes et limites à connaître

L’exploitation intelligente des données DVF repose sur une méthode rigoureuse de sélection et de comparaison. Un prix affiché seul ne dit rien : il faut le replacer dans un ensemble de ventes similaires pour en tirer une information fiable. À l’inverse, une moyenne calculée sans discernement peut masquer des écarts importants et vous induire en erreur dans votre décision d’achat ou de vente.
Comment calculer un prix au mètre carré pertinent à partir des données DVF
Commencez par sélectionner au moins dix ventes comparables dans un rayon de 300 à 500 mètres autour de votre bien cible. Privilégiez les transactions récentes (six à douze derniers mois) et filtrez par type de bien (appartement uniquement, ou maison uniquement). Calculez ensuite le prix au m² pour chaque vente en divisant le prix total par la surface indiquée.
Éliminez les valeurs extrêmes : un prix au m² très bas peut indiquer une vente familiale ou un bien très dégradé, tandis qu’un prix au m² anormalement élevé peut correspondre à un bien d’exception ou à une erreur de saisie. Une fois ces valeurs écartées, calculez la médiane plutôt que la moyenne : elle résiste mieux aux valeurs atypiques et donne une image plus fidèle du marché local.
| Étape | Action | Exemple |
|---|---|---|
| 1. Filtrer | Sélectionner les ventes similaires | Appartements 2-3 pièces, quartier X, derniers 12 mois |
| 2. Calculer | Prix total ÷ surface | 350 000 € ÷ 55 m² = 6 364 €/m² |
| 3. Éliminer | Retirer les valeurs extrêmes | Supprimer les prix < 4 000 €/m² ou > 8 000 €/m² |
| 4. Synthétiser | Calculer la médiane | Médiane : 6 100 €/m² |
Dans quels cas les données DVF peuvent-elles donner une image biaisée du marché
Les petites communes rurales ou les secteurs de montagne comptent parfois moins de cinq ventes par an, rendant toute analyse statistique fragile. Un seul bien d’exception ou une vente à prix bradé peut fausser la perception du marché local. Dans ces cas, élargissez votre recherche aux communes voisines ou allongez la période d’observation à trois ou cinq ans.
Les ventes entre membres d’une même famille ou les biens nécessitant de lourds travaux peuvent afficher des prix inférieurs de 20 à 40 % par rapport au marché standard. Ces transactions apparaissent dans DVF mais ne reflètent pas le prix que vous obtiendriez en vendant votre bien en bon état à un acquéreur classique. De même, une maison vendue avec plusieurs hectares de terrain verra son prix au m² habitable artificiellement gonflé si vous ne dissociez pas le foncier du bâti.
Croiser app.dvf.etalab.gouv.fr avec d’autres sources d’information locales
Consultez simultanément les annonces en cours sur SeLoger, Leboncoin ou PAP pour voir les prix demandés aujourd’hui. Si les annonces affichent des montants 10 % au-dessus des ventes DVF récentes, cela peut indiquer un marché tendu avec peu de marge de négociation. Inversement, un écart important entre annonces et ventes signale un marché où les vendeurs doivent consentir des baisses pour conclure.
Rapprochez-vous d’agents immobiliers locaux ou consultez les baromètres trimestriels publiés par les notaires de votre département. Ces professionnels disposent d’une connaissance fine des micro-marchés et peuvent expliquer pourquoi une rue affiche des prix supérieurs de 15 % à la rue voisine. Cette approche qualitative complète utilement les données chiffrées brutes de DVF.
Aspects juridiques, confidentialité et usages avancés des données DVF
La mise à disposition publique des valeurs foncières répond à un double objectif de transparence du marché immobilier et de respect de la vie privée. Ce cadre juridique précis garantit que tout citoyen peut accéder à des informations fiables sans pouvoir identifier précisément les personnes concernées. Cette ouverture des données profite aussi bien aux particuliers qu’aux collectivités ou aux chercheurs en urbanisme.
Quelles règles encadrent la diffusion des données de valeurs foncières publiques
La diffusion publique des données DVF repose sur le décret n° 2018-298 du 23 avril 2018 et l’arrêté du même jour. Ces textes définissent précisément les informations communicables : date et prix de vente, nature et surface du bien, localisation approximative. En revanche, les noms des parties (vendeur et acheteur), les références cadastrales complètes et certains détails contractuels restent confidentiels.
Cette régulation s’inscrit dans le cadre plus large de l’ouverture des données publiques (loi pour une République numérique de 2016) tout en respectant le Règlement général sur la protection des données (RGPD). Toute personne peut réutiliser librement ces données pour créer des services, mener des analyses ou informer le public, à condition de ne pas chercher à réidentifier les individus.
Données personnelles et géolocalisation approximative : comment la confidentialité est préservée
Les biens ne sont jamais affichés avec leur adresse exacte ni leur numéro de parcelle cadastrale complet. La géolocalisation est volontairement dégradée au niveau d’une section cadastrale, créant une imprécision de quelques dizaines de mètres. Les identités des vendeurs et acquéreurs sont systématiquement supprimées de la base publique. Cette anonymisation technique empêche de dresser la liste des biens possédés par une personne ou de reconstituer un historique patrimonial individuel.
Dans les secteurs très peu denses, où une seule transaction pourrait révéler l’identité du vendeur, des règles d’agrégation supplémentaires s’appliquent. Par exemple, une commune comptant moins de trois ventes sur une période donnée peut voir ses données masquées ou regroupées avec celles de communes voisines. Cette précaution protège les habitants des zones rurales où chaque vente devient facilement identifiable.
Exploiter DVF pour des analyses immobilières avancées ou des projets de territoire
Les collectivités territoriales utilisent DVF pour suivre l’évolution des marchés locaux, repérer des tensions foncières ou évaluer l’impact de projets d’aménagement. Une mairie peut par exemple constater une hausse de 20 % des prix après l’ouverture d’une nouvelle ligne de tramway, et adapter sa politique de logement social en conséquence. Les observatoires de l’habitat s’appuient sur ces données pour produire des indicateurs trimestriels diffusés auprès des élus et des aménageurs.
Les data scientists et analystes immobiliers peuvent télécharger l’intégralité des fichiers DVF depuis le site data.gouv.fr pour réaliser des traitements statistiques poussés. Ils créent ainsi des cartes de chaleur des prix, des modèles prédictifs d’évolution ou des comparaisons entre quartiers. À titre individuel, un acheteur averti peut constituer son propre tableau de bord Excel en exportant les transactions d’un secteur ciblé et en suivant mois après mois l’évolution des prix médians.
Grâce à app.dvf.etalab.gouv.fr, vous disposez d’un outil puissant pour comprendre les dynamiques réelles du marché immobilier. En combinant cette ressource gratuite avec des visites terrain, des échanges avec des professionnels locaux et une lecture critique des annonces, vous construisez une vision solide du prix juste pour votre projet. Cette démarche rigoureuse limite les risques de surévaluation ou de mauvaise affaire, tout en vous donnant confiance dans vos décisions d’achat ou de vente.
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